Ce n’est pas parce que c’est « fait main » que l'on ne travaille pas dans le respect de bonnes pratiques et conformément à la réglementation.
Le métier de céramiste implique de suivre les bonnes pratiques et de répondre aux exigences de la sécurité tant pour l’artisan que pour le consommateur.
Les normes permettent de protéger le consommateur afin que la vaisselle dans laquelle il consomme ses aliments ne soit pas toxique.
Au sein de mon atelier, je fais particulièrement attention à la :
En évitant de balayer à sec ( et en privilégiant l’éponge humide ou l’aspirateur équipé d’un filtre HEPA).
En nettoyant régulièrement les surfaces de travail.
En portant un masque adapté (type FFP2/FFP3) lors des opérations poussiéreuses : ponçage, mélange d’émaux, manipulation de matières sèches.
En portant des lunettes de protection pour le broyage ou le tamisage.
En utilisant des gants adaptés lors de la manipulation de produits chimiques.
En privilégiant un tablier ou vêtements dédiés à l’atelier.
En vérifiant l’état des résistances et des câbles.
En respectant la bonne utilisation du four.
En respectant les courbes de cuisson recommandées.
En faisant des fours lorsque l'atelier est vide et en assurant une bonne ventilation pendant et après cuisson.
2. Organisation et propreté
Je suis particulièrement attachée à la propreté et à l'organisation dans mon atelier.
Les zones dans mon atelier sont séparées : un espace de tournage/modelage et une zone d’émaillage.
Il y a des zones de stockage pour les matières premières, les émaux fabriqués, les pièces crues, biscuitées et émaillées.
Les terres utilisées dans l'atelier sont toutes identifiées clairement les terres comme les émaux dont les recettes sont notées sur un cahier spécifique. Les ingrédients, les températures de cuisson sont notées.
Toutes les matières premières sont étiquetées sur les contenants (composition, date, température de cuisson).
L'ensemble des matières est stocké hors de portée du public. Les stagiaires ne sont pas autorisés à manipuler les produits sans EPI ou sans mon autorisation ou ma surveillance.
Dans l'atelier, je suis respectueuse de la gestion des déchets.
En ne versant aucune terre, barbotine ou les résidus d’émaux dans l’évier.
Je récupère les déchets de terre après les séances de tournage et tournassage pour les mettre dans la bassine de recyclage.
En recyclant la terre non cuite : stockage de la terre dans l'eau puis séchage de celle-ci sur des plaques de plâtre.
3. Démarche responsable
J'ai une démarche responsable au sein de mon atelier en :
Limitant le gaspillage de matière.
Optimisant les fournées pour économiser l’énergie.
Privilégiant des fournisseurs responsables.
Sensibilisant les élèves ou visiteurs aux règles de sécurité.
4. Technique générale utilisée
L'ensemble de mes pièces est créé au tournage sur un tour électrique. J'utilise de la porcelaine dont la référence est PT098B de la marque Céradel que j'achète à la COMO à Ancenis.
La fiche technique de cette porcelaine est accessible sur le site du fabricant via ce lien :
https://ceradel.fr/products/pt298b-porcelaine-speciale-tournage-1?srsltid=AfmBOorunm-8IzOJ0-7PD1LjX-liROkqf71i742f6zmXN0lhBSsPVWpJ
Je façonne la terre puis je tournasse et fais sécher les pièces pendant plusieurs jours.
Lorsque les pièces sont presque sèches, je procède au décors à l'engobe en faisant attention pour les pièces utilitaires que le décor soit bien sur le bas de la pièce (au moins 3 cm en dessous de la lèvre). Puis j'effectue une première cuisson, dite du dégourdi à 980 °C. La terre et l'engobe se fixent lors de cette première cuisson mais la terre est encore poreuse.
Je fais ensuite l'émaillage des pièces : émail transparent de référence EKO40T de la marque Céradel.
La fiche technique de cet émail se trouve directement sur le site du fabricant que l'on peut trouver via ce lien :
https://ceradel.fr/products/ek040t-couverte-gto?srsltid=AfmBOoqsbTyi-cK_UiVO-VTdtg4UQHeFWZZ0FOWE_hw6-hLi2mNSYjy2#description
J'applique l'émail au trempage en en mettant à l'intérieur et sur les deux premiers centimètres de la tasse (au niveau de la lèvre).
Le deuxième cuisson se fait à haute température (1280°C). Les matières premières de cet émail sont autorisées et conformes pour un usage alimentaire. Cette couverte transparente n'est pas transformée et je respecte strictement les précautions et préconisations des fournisseurs pour son utilisation.
Les pièces que je mets sur le marché sont donc conformes à la législation et ne présente aucun risque pour le consommateur.
5. Détails de la fabrication
5-1 Façonnage
Je fabrique dans mon atelier une production rattachée aux Arts de la Table, entièrement faite en porcelaine, faite à la main. Il s'agit de pièces uniques ou de petites séries.
Chaque pièce est effectuée au sein de mon atelier. J'assure personnellement le contrôle qualité de toutes mes pièces à toutes les étapes de la fabrication et j'écarte systématiquement toutes les pièces défectueuses en les recyclant le cas échéant avant cuisson ou en les évacuant à la déchetterie après cuisson. Ce contrôle se fait lors de l'étape du tournage, séchage, 1ère cuisson et 2ème cuisson.
5-2 Séchage
Les pièces sèchent dans mon atelier sous plastique (pour ralentir le séchage de certaines pièces et éviter des fissures) ou à l'air libre dans mon atelier.
5-3 Décor
Il est entièrement réalisé à la main à l'aide d'engobe. Ces engobes sont directement achetées dans le commerce et sont conformes. Toutes les engobes sont autorisées et classifiés non dangereux pour le consommateur.
Les décors sont de plus réalisés en dehors de la pièce et donc ne touchent les denrées alimentaires ni la bouche car ils sont à plus de deux centimètres du buvant de l'objet. Il n'y a donc aucun contact direct entre le décors et les aliments.
5_4 Cuisson biscuit
Les pièces sont cuites dans un four électrique RODHE prévu à cet effet. Il est acheté en parfaite état et est soigneusement entretenu pour avoir une qualité de cuisson irréprochable.
La premier cuisson se fait à 980 °C comme le préconise le fournisseur.
Les cuissons sont très régulièrement contrôlées pour s'assurer qu'elles montent bien à la température demandée. Je mets des cônes de température pour vérifier le bon fonctionnement du four. Mon four est inspecté par mes soins avant chaque cuisson : bon état des briques, des résistances. Ces dernières sont changées lorsqu'elles sont endommagées ou que le four n'arrive plus à monter correctement en température.
Les cuissons sont régulées par une régulation qui permet de programmer le four. Elle se charge du bon respect des montée de température, des paliers de cuisson et de la descente en température. C'est très important pour la bonne qualité de la pièce.
5-5 Emaillage
L'émaillage est fait manuellement par trempage. Cela permet de protéger l'atmosphère de l'atelier. Il est fait à l'intérieur et sur les deux premiers centimètres au minimum à l'extérieur de l'objet, au niveau de la lèvre.
5-6 Cuisson émail
La cuisson émail se fait à 1280°C en oxydation en four électrique. Il s'agit d'une cuisson dans une enceinte neutre sans ajout ou retrait de l'oxygène lors de la cuisson.
La durée de la cuisson se programme comme suit : 100 degrés par heure jusqu'à 600 °C puis 150°C par heure jusqu'à 1280°C. Un palier final de 20 minutes est conservé. La cuisson dure en moyenne d'une douzaine d'heure en montée et d'au moins 36 heures en descente de température. Le refroidissement est également contrôlé et s'effectue de 250 degrés par heure. Par le respect de ces délais, j'évite les chocs thermiques sur la pièce et des fissures sur l'émail. Le défournement ne peut se faire qu'à la température de 50°C' atteinte.
La haute température de cuisson permet de rendre totalement inerte les éléments constitutifs des émaux et des engobes. Cela permet de les utiliser à usage alimentaire.
Dans un contexte de circuits courts et de ventes directes au consommateur, il en va de ma crédibilité et de la survie de mon entreprise de proposer des produits de qualité irréprochable.
Par ce travail de contrôle et de traçabilité, je peux considérer répondre parfaitement à l'article 5 du règlement (CE) n° 2023/2006 du 22 décembre 2006 des "bonnes pratiques de fabrication" à propos du contrôle qualité.
à chaque étape de fabrication
En écartant systématiquement les objets avec défauts
Tenue d'un registre de traçabilité
Ce registre me permet de tracer de la fabrication à la vente, toutes les pièces qui sortent de l'atelier.
Lors de la vente, j'informe verbalement chaque client sur mon travail : les techniques utilisées, le respect des normes.
Chaque produit est étiqueté : un numéro et l'année de fabrication ainsi que le logo "Fourche/couteau/verre" pour la conformité avec l'alimentaire.